N’PY: No Souci ou Nos Soucis ?

 

En complément des derniers articles concernant l’ espace de décision laissé par nos élus aux décisionnaires d’N’PY, voici encore quelques analyses destinées à alimenter une réflexion à ce jour encore unilatérale « N’PY décide pour nous donc N’PY a raison ». Voici donc le premier chapitre d’une série de 3 ( les réducs, le management, la place de marché) destinée à couvrir et à regrouper des interrogations soulevées par ce mode de gestion .

CHAPITRE 1: LE MONDE DES REDUCS

La politique commerciale de notre station est toujours orientée  dans le même sens,  bénéficier d’un maximum d’avantages commerciaux et de réductions. Achetez le pass NO SOUCI: elle est le sésame pour payer toujours moins cher.

Notre intérêt  devrait être de concéder des tarifs plus avantageux aux clients qui viennent en séjour,clients de nos stations mais aussi des commerces et prestataires locaux.Ces clients participent au maintien et à la création de tous les emplois-station (pisteurs,caissières,perchmans,accueil, restauration…), mais aussi à tous les emplois-village (bars,restaurants,ouvriers,employés, prestataires….).Ce sont eux,et seulement eux ,qui rendent possible l’équation :1 euro dépensé à la station, plusieurs euros dépensés en fond de vallée.

Mais l’intérêt financier d’N’PY est tout autre: au prétexte de faciliter les achats de forfaits par la vente informatisée ,il s’agit en fait d’être les premiers à vendre par le biais du PASS NO SOUCI pour faire prospérer un business, dans un dédale d’offres tarifaires appelées « privilèges » ,auxquelles on finit par ne plus rien comprendre ….Il serait intéressant  de connaitre la convention qui lie N’PY et les stations sur le chapitre de la politique tarifaire… Car il est facile d’ afficher fièrement le nombre de pass no souci vendus, quand on sait qu’ils offrent une multitude de »privilèges »n'py              (à titre d’exemple voici une photo- pub de ces dernières années,et tant d’autres formules actuelles, je cite: la petite semaine 5 jours le cinquième gratuit exclusivité N’py, avec abonnement no souci vous bénéficiez de15 à 40%de réductions garantis sur les tarifs -journées par rapport aux tarifs en caisse  c’est le meilleur prix garanti,club no souci réductions et offres chez des partenaires (tiens, tiens,lesquels?),assurance incluse,plus vous skiez moins vous payez, cinquième journée à moitié-prix sur tarif no souci et la dixième,quinzième,et vingtième gratuite,remboursement de ma journée-ski si j’ arrête de skier avant 10h du matin,dernier jour d’ouverture de la saison offert,carte no souci étudiant gratuit offrant 30% de réduction toute l’année hors vacances et les jeudis -50%… ) Il y a fort à parier que nos hébergements subiront le même régime amaigrissant sur la place de marché d’ici à quelques années…

De plus ,à ce rythme, aurons nous encore besoin de caissières à la billetterie, il suffira d’acheter des forfaits N’PY sur une tablette. Adieu l’accueil personnalisé et le contact humain.Mais les emplois perdus ici seront peut-être gagnés dans les bureaux N’PY de Lourdes…

Comment accepter que la réduction de WE de mi-janvier 2013 ( forfait à 15 euros) ne s’applique qu’aux détenteurs de la carte NOSOUCI ? Pourquoi n’est -elle pas ouverte à tous nos skieurs? La sélectivité de cette promotion autorise à s’interroger sur la marge de manœuvre discutable laissée à N’PY  et sur les termes de la convention qui nous lie .Et ce n’est qu’un exemple récent de la jungle de réductions qui s’enchevêtrent au cours de la saison, réductions toujours destinées à la clientèle NOSOUCI: politique de privilèges oblige!

RÊVONS UN PEU

Prenons le problème à l’envers,

Le client payerait toujours le prix normal lorsqu’il validerait son forfait avec le pass   no souci.

Il ne bénéficierait d’aucune réduction,les réductions seraient désormais le plus des stations.

En revanche le client N’PY pass no souci bénéficierait d’un gain de temps lié à l’informatisation, et éviterait l’attente  aux caisses.

Le client qui viendrait en séjour, bénéficierait,lui,d’un tarif plus attractif comme dans de nombreux endroits

La lourdeur de la structure N’PY ( 8 stations à gérer avec leurs différences) suppose des difficultés de mise en place d’une  politique  de tarifs réactive , qui devrait pourtant relever d’un choix éminemment politique.

N’PY est à notre service.Cette marque  participe-t-elle au développement de notre station, selon nos prérogatives et dans  l’intérêt collectif ?

Nous ne pouvons soutenir notre station que si nous décidons de son avenir.

ANNIE SAGNES

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Fausse Note à Sazos

Les fausses notes ne sont pas venues de l’Orphéon, qui a dû ravir son public comme à son habitude, mais du Maire de Sazos. Lors de la présentation des ses voeux, celui-ci annonce à propos de la remontée lourde :

 » On décidera d’abord de la liaison avec Cauterets pour voir peut-être plus tard pour l’autre côté. »

Le président du Sivom pronant jusqu’alors exactement l’inverse a dû en avaler son diapason.

Article de La Depêche du 19 janvier sur le lien suivant : voeux sazos 2013001

Bientôt une décennie avec N’PY

 

Huit ans après sa création, la société N’PY présente un bilan mitigé, elle a su développer des produits de vente en ligne de forfaits performants mais perfectibles, elle a semblé donner une impulsion nouvelle en associant jusqu’à 8 stations, mais la fréquentation reste en berne notamment à Luz Ardiden. Elle affiche des chiffres impressionnants en additionnant les CA, les salariés et les kilomètres de pistes des stations membres pour donner l’illusion de puissance, mais présente des comptes de société dans le rouge cette année (source societe .com). Et c’est ,depuis deux ans, toujours ST Lary, alti-service, qui fait figure de leader avec le premier Chiffre d’Affaire de la chaine.

Aujourd’hui, N’PY cherche à améliorer ses services avec son produit la « place de marché » qui offre la possibilité de réserver son hébergement, des leçons de ski, sa location de matériel, etc.. On peut s’interroger sur le rôle, le message et l’impact dans l’avenir de ce système de vente supplémentaire et complémentaire à l’existant (car n’oublions pas que nous avons les centrales de réservation des offices de tourisme, La boutique des Pyrénées d’HPTE, ainsi que la capacité des hébergeurs à s’auto-promouvoir). Théoriquement, on ne devrait que se féliciter qu’une plateforme internet N’PY puisse proposer et promouvoir nos outils à un plus large public d’internautes. Cependant, lorsque des agents de N’PY, par le biais d’enquêtes, démarchent directement nos clients pour leur faire connaître et les interroger sur ce nouveau système de vente la « place de marché », l’incompréhension l’emporte. Il n’y a qu’un pas à franchir pour que le client quitte ses modes de réservation traditionnels et rejoigne N’PY, le risque étant qu’au lieu de capter une clientèle nouvelle, on fasse seulement « glisser » la notre via NPY. Lorsque l’on fait la somme des multiples ristournes (que nous ne maitrisons plus) concédés pour les achats de forfaits et autres prestations à partir de la carte Npy, on est en droit de ce demander ce qu’il adviendra de la politique tarifaire de nos hébergements et location de skis.

Comment considérer une entité constituée à 90% d’argent public qui fait librement sa prospection sur le terrain de nos propres clients au détriment d’autres établissements publics, à savoir les centrales de réservation ? Mais bon, à la limite, si c’est le souhait de certains, pourquoi pas affirmer que les centrales de réservation et HPTE sont devenues inutiles et déléguons cette fonction à N’PY. C’est une décision politique qui pourrait être audible après validation électorale dans une profession de foi claire, il faudra toutefois concéder que les emplois autrefois dédiés à cette tâche iraient à Lourdes, siège social de N’PY, plutôt qu’à Luz Saint Sauveur.

Comment considérer le fait que de l’argent public serve à alimenter une structure qui vient démarcher sur un parking, au risque d’exclure les hébergeurs absents de « la place du marché » sur les communes mêmes où ces hébergeurs non-alignés contribuent à l’impôt qui alimente N’PY ? Toutes ces questions ont-elles été soupesées, discutées, réfléchies? Prenons-nous les gardes-fous nécessaires, ou donnons-nous tout le trousseau de clés à NPY sans réfléchir? Nous nous sommes laissé dire que certains hébergeurs ou commerçants réservent un accueil bien froid à NPY…

Bref, en lieu et place de Louis XIV, c’est la confusion qui règne sur le statut, les missions et les résultats de la société N’PY. Nous sommes tout disposés à croire que l’idée est excellente au départ, qu’une partie du public se retrouve dans cette mode de consumering, que les agents de cette société son convaincus du bien-fondé de leurs actions, il faudra aussi considérer que les citoyens aient un droit de regard sur l’utilisation et la finalité de l’argent public qui alimente ses entités, car elles influencent nos politiques locales voire des choix de société.

2014 sera l’année des dix ans de N’PY, ce sera aussi l’heure des bilans et des choix électoraux pour l’avenir. Espérons que ces bilans et ces perspectives seront assez clairs et précis afin que les électeurs puissent choisir en toute connaissance de cause.

                                                                                                ECHOCITOYEN