Rapprochement Cauterets Luz-Ardiden

Voici une analyse de Jean-Jacques PUJO à partir des résultats chiffrés des stations de ski en cette fin de saison 2011. Les difficultés grandissantes de la station de Luz-Ardiden méritent que chacun réfléchisse sur les options d’avenir pour la sauvegarder.

Il y a ceux qui pensent qu’une remontée lourde serait la solution.

Il y a ceux qui pensent que la fusion avec Cauterets serait la solution.

Il y a ceux qui sont effrayés par l’option consistant à investir de telles sommes dans un contexte d’endettement …

Bref, le débat ouvert par Echocitoyen sur ce sujet a pour but  d’éviter de subir la « pensée unique » sur ce sujet de certains élus de la régie. Le point de vue de J-Jacques aborde le problème sous un autre angle de vue. D’autres articles, nous le souhaitons, viendront encore enrichir ce débat.                                        ECHOCITOYEN

Les chiffres qui parlent.

Résumé dans le tableau ci-après des chiffres publiés par La Dépêche Du Midi en date du 26 avril sous le titre  » Une bonne saison malgré un début tardif »

Ces chiffres m’interpellent au plus haut point pour les raisons suivantes

Le prix moyen de la journée-ski de Luz-Ardiden est toujours aussi bas. Sous toute réserve il était la saison dernière le moins élevé de la chaîne et il doit probablement le rester encore cette année. Comparé avec celui de Cauterets, qui affiche pourtant 20 Km de pistes en moins, le différentiel est de  23,66 – 16,15 = 7,51 € ce qui représente un manque à gagner sur la saison de: 7,51€ x 191 981 journées-ski  = 1 480 173 €.

Question : Pourquoi ce prix moyen est-il aussi bas, alors que le tarif journée-ski est tout à fait comparable à celui de Cauterets ? Comment expliquer cette différence ?

Je laisse le soin à la Régie de Luz-Ardiden, qui a tous les éléments chiffrés en main, de nous apporter une explication valable, sachant que le manque à gagner de 1 480 000 € pourrait soulager d’autant la contribution des communes du SIVOM.

Par ailleurs, le faible différentiel de prix entre les tarifs journées de Luz et du Tourmalet est de nature à expliquer, compte tenu de la différence de potentiel piste et restauration, le désamour croissant pour l’Ardiden, y compris pour la clientèle de la vallée.

Concilier un relèvement du prix moyen journée-ski, avec une baisse corrélative du tarif journée, ne doit pas être une mission impossible. L’essentiel est d’y croire et de vouloir le faire, pour tenter de regagner une clientèle chaque année plus nombreuse qui déserte l’Ardiden.

Le ratio prix moyen journées-ski/Km de pistes de Cauterets, nous aide à comprendre pourquoi  les responsables de cette station souhaitent tant un rapprochement avec   Luz-Ardiden. Ce rapprochement leur permettrait en effet de rivaliser en tous points avec  Saint-Lary et le Tourmalet.  Contrairement au Pays Toy Cauterets a  déjà une forte clientèle de séjour, un nombre de lits quasi suffisant et si on lui apporte en plus sur un plateau un deuxième stade de neige avec départ au centre du village, c’est la cerise sur le gâteau. Reste à savoir si l’augmentation de tarif générée par cette opération, accompagnée d’une évolution positive et envisageable du nombre de journées-ski (100 000 pour atteindre le niveau de Saint-Lary), serait suffisante pour permettre, d’une part le financement des équipements d’accès nécessaires  et, d’autre part de payer au SIVOM de l’Ardiden une redevance justifiée pour l’utilisation par ses skieurs des équipements et pistes de cette station.

Saluons néanmoins comme il se doit la performance de Cauterets, qui avec son kilométrage de pistes des plus « riquiqui », se permet d’afficher près de 40% de journées ski de plus que Luz-Ardiden. Cette performance nous confirme bien que le village et la qualité des équipements structurels de fond de vallée, sont des vecteurs indispensables pour la réussite économique d’une station touristique de montagne. Comme nous l’avons déjà dit et redit, Cauterets a su au fil des ans façonner un village attrayant et commerçant, doté de nombreux équipements très prisés par les touristes : piscine couverte, vrai patinoire, médiathèque, salle de jeux, centres thermo-ludiques, aire de stationnement pour les camping-cars………, en résumé tout ce qui manque au Pays-Toy pour rivaliser avec notre voisine.

Au vu des éléments développés ci-dessus, je ne peux m’empêcher de me poser une nouvelle fois la question sur la nécessité d’établir une remontée lourde entre le fond de la vallée de Luz et la station de l’Ardiden.

Il m’est en effet très difficile d’admettre, que l’on puisse améliorer sensiblement la fréquentation et le bilan financier de la station en augmentant, comme le précise l’étude commanditée par le SIVOM de l’Ardiden, le prix moyen de la journée-ski  de plus de 40% et en doublant quasiment la charge financière annuelle, alors que nous n’aurons rien gagné dans cette opération en domaine skiable.

Ne prenons nous  pas le risque, au contraire du but espéré, d’une désaffection programmée de nature à remettre en question la pérennité de la station ?

Le conseil municipal de Luz, nous confirme par voie de presse (La Dépêche du Midi du 18/04/2012), qu’il a fallu rajouter cette année 340 000€ à la subvention d’équilibre de la station et nous dit espérer toujours la remontée lourde !

Hélas pour les Toys, l’équilibre financier de la station, ainsi que le développement du tourisme et la prospérité de la vallée, ne dépendent pas de la réalisation ou non d’une remontée mécanique, mais de l’attrait du village et de l’offre globale que nous serons en mesure de proposer pour gagner et fidéliser une clientèle de séjour qui nous fait actuellement défaut, particulièrement en hiver.

L’ascenseur en panne.

En délibérant favorablement le 2 courant sur son projet de PLU qui consacre Larise comme zone agricole, le Conseil Municipal de Saligos a souverainement mis fin à la possibilité d’implanter dans ce lieu-dit  la gare de départ du projet de remontée lourde, entre le fond de la vallée de Luz et la station de l’Ardiden. Cette décision annoncée et attendue doit compliquer sérieusement le projet d’UTN, socle incontournable du rapprochement avec Cauterets. Il n’est pas toutefois impensable que cette remontée puisse être provisoirement mise de côté et que Cauterets poursuive son projet de raccordement à l’Ardiden.

Quel serait alors le scénario du rapprochement ?

L’apport d’une partie non négligeable de la clientèle de Cauterets, devrait logiquement à lui seul générer une augmentation de la fréquentation de l’Ardiden et par voie de conséquence, assurer une recette complémentaire conséquente. Cette manne supplémentaire, ajoutée à celle acquise par le relèvement du prix moyen de la journée-ski, pourrait effacer, si non la totalité du déficit global annuel de la station (1 800 000 à 2 000 000€), tout du moins la plus grande partie.

A ce stade de ma réflexion, je me prends à rêver de tout ce qu’il serait possible de faire en fond de vallée avec cette disponibilité financière retrouvée. Les idées ne manquent pas et nous les avons déjà longuement exposées sur le blog d’Echocitoyen.

Reste à savoir ce que pensent les Toys et les Cauterésiens de cette hypothèse, mais ça c’est une autre affaire.

Les Toys verraient-il d’un bon œil cette thérapie ou considéreraient-il cela comme un  cadeau royal fait à Cauterets ?

Et les cauterèsiens, ils en pensent quoi ?  Nous savons qu’une grande partie d’entre eux  n’est pas favorable à ce projet : Ils défendent une autre conception du développement de Cauterets et ils n’ont pas à se préoccuper eux du déficit inquiétant et répétitif de leur station.

La question est posée: Attendons les réponses.

JJ Pujo

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2 réflexions au sujet de « Rapprochement Cauterets Luz-Ardiden »

  1. Monsieur,
    effectivement,une grande majorité des Cauterésiens est opposée à ce projet;de plus je vous rappelle que ce projet n’était envisageable qu’avec les deux remontées lourdes; de ce fait s’il est abandonné de votre côté il le sera du notre….enfin je ne vois pas comment nous pourrions accueillir d’autres clients au départ de Cauterets étant donné que les stationnements sont insuffisants actuellement et que rien n’est prévu en plus…Nos responsables ne savent même pas accueillir correctement nos visiteurs en temps normal(cf « une bien belle journée gâchée ») alors qu’en serait il avec un autre départ depuis l’actuelle télécabine????
    Cordialement,Virginie.

  2. Bonjour,
    Je suis globalement d’accord avec ton analyse, sauf que le ratio prix moyen/km de pistes n’est pas le seul qui intéresse les skieurs, ou plus exactement n’est pas le seul à prendre en compte pour la réussite d’une station. L’aménagement du village et la qualité des infrastructures et de l’environnement en sont des éléments déterminants.
    Je ne vais pas répéter ce que nous avons écrit sur le blog à plusieurs reprises et en particulier dans les articles « Tout pour le ski » et  » Cauterésiens colonisateurs ».
    Tu auras là une réponse aux questions que tu t’es posées quant à l’avis des cauterésiens ou tout au moins d’une grande partie d’entre eux.
    A propos de l’équilibre financier, il faut savoir que, malgré les résultats satisfaisants de son exploitation, Espaces Cauterets équilibre difficilement ses comptes. Si bien que cette année, une demande de subvention importante pour des travaux sur les pistes a été sollicitée par Espaces Cauterets à la commune. Cette dernière a refusé pour des raisons que nous ne connaissons pas, donc les travaux, à priori, ne se réaliseront pas. Dans le même temps, on nous parle de 20 à 30 millions d’Euros d’investissements. Où est la logique?
    Jean-Pierre Florence

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