Quand le casino et la mairie jouaient au poker menteur

Le poker menteur est un jeu basé sur le bluff. Le but étant de faire monter les enchères à chaque tour, chaque manche se termine par un perdant qui se révèle être le menteur.

Revenons maintenant au 16 septembre 1998, en séance du conseil municipal de Luz, M. le Maire indique aux conseillers municipaux les avantages et l’intérêt pour la ville de posséder un casino :

« création de 20 à 25 emplois à temps complet. La formation est généralement assurée par le concessionnaire.

– recettes à attendre : la ville percevra le loyer de la concession, les taxes sur les recettes des jeux, et la taxe professionnelle.

Pour ARGELES et BAGNERES, les recettes provenant des taxes sur les jeux sont respectivement de 1 à 4 millions de francs. »

Certains conseillers s’inquiètent alors de la disparition de la salle Louis BURRET… Pas d’inquiétude, les solutions arrivent dans une euphorie et un enthousiasme frétillant lors du conseil municipal du 18 février 1999 :

Le groupe TRANCHANT « a accepté intégralement les termes du cahier et de la concession. Des précisions ont été apportées sur le nombre d’emplois créés (32 en année n + 1 ) »…  « si l’autorisation d’exploiter des machines à sous est obtenue le groupe TRANCHANT construira une nouvelle salle polyvalente (concerts, réunion, spectacles, danse) parallèle à la départementale entre la piscine et le casino. (Coût d’objectif: 2 500 000 Frs) ».

Le groupe TRANCHANT fut alors choisi face à un autre concurrent M. BOIZOT qui fut discriminé au prétexte de ses exigences : « Rien de tel n’apparaît dans l’offre de M. BOIZOT qui souhaite que les travaux soient directement réalisés par la ville qui peut obtenir emprunts et subventions. Il propose seulement de relever la redevance ».

Nous savons aujourd’hui ce qu’il advint de tout cela, à ce jeu de poker menteur, le seul vrai gagnant fut M .BOIZOT, même si en jouant cartes sur table, il semblait avoir perdu la manche.

Le groupe TRANCHANT lui a tout perdu, de l’argent et de la crédibilité à vouloir croire que les résidences de tourisme flambant neuves apporteraient son lot de touristes fortunés et que les autocaristes  déverseraient des cohortes de clients goulument dépensiers.

Et nous ? Certains disent que nous n’avons pas perdu un centime. On a surtout pas perdu le sens de l’humour.

Certes, nous avons récupéré la salle Louis BURRET avec des cuisines, nous l’avons transformé en forum pour accueillir de l’évènementiel avec les sommes dues à la rupture de bail anticipé, même si cette somme a déjà servi pour bien d’autres choses. Concernant les comptes d’exploitation de ce nouvel outil, on fera le bilan en temps et en heure.

En terme d’image, le fiasco a-t-il eu des effets délétères sur notre attractivité ?

En terme financier, est-il infondé de dire que, si le projet de la Maison Poque fut concomitant au casino, c’est parce que les nouvelles recettes espérées devaient financer tout ou partie des emprunts ou au moins les intérêts de ceux-ci ? Il nous reste bien les dépenses mais pas les recettes.

Enfin, en terme de crédibilité, lorsqu’autant de personnes que je soupçonne pourtant bien intentionnées succombent aussi facilement aux miroirs aux alouettes, dois-je leur donner un blanc seing pour gérer notre avenir ?

Il est temps que la partie s’arrête.

J. LURIE

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Une réflexion au sujet de « Quand le casino et la mairie jouaient au poker menteur »

  1. C’est bien parfois de garder en mémoire toutes ces promesses d’emploi , de construction de salle et de recettes nouvelles dont nous dénoncions déjà ,à l’époque, l’improbabilité…il faut croire que nos mises en garde méritent d’être écoutées!
    J’avais écrit dans un article précédent  » PAUVRE CASINO ET SES MULTIPLES RECONVERSIONS », cette triste formule lui va toujours si bien.
    Il est vrai que dans l’état de délabrement de notre village, il était urgent de construire une salle de séminaire!Le casino tel qu’il était me semblait pourtant tout à fait suffisant pour l’utilisation qui en est faite.Je serais alors tentée d’écrire « PAUVRE CONTRIBUABLE A CAUSE DE CES MULTIPLES RECONVERSIONS »s » Mais me direz vous très vite, il parait que cela n’a couté que 15 000 euros aux contribuables luzéens, sur un montant de départ supérieur à 350 000 euros.On est dans la magie.Fort heureusement, cela laisse très dubitatif bien des luzéens.

    Annie Sagnes

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