Être ou avoir

Exister pour ce que l’on veut être, ou bien par ce que l’on possède ?

A priori, les élus locaux ont décidé de choisir le deuxième positionnement…

La fréquentation touristique baisse, « c’est parce que nous n’avons pas assez de lits », alors construisons des résidences touristiques coûte que coûte.

La station est en danger, « c’est parce que nous n’avons pas de remontée lourde », alors endettons-nous pour en posséder une.

Possédons une patinoire même si il en existe une vraie à 12 km ! Possédons un snowtubing juste pour dire que nous en avons un ! 

100 000 € pour une patinoire, sans compter la dotation à l’amortissement, cela représente plusieurs années d’animation pour les vacances – On l’a bien senti, l’argent a manqué pour la première semaine de vacances des bordelais ; à la Maison de la Vallée, il n’y a eu aucune animation, aucun concert, la programmation du cinéma a occulté le public enfants.

A la limite, l’idée d’une patinoire aurait pu être intéressante dans le cadre d’une location pour créer de l’évènementiel. Dans cette formule, on évite de s’exposer à la lassitude du public et on peut changer chaque année de type d’installation (du trampoline, des structures gonflables, citystade, etc.). D’un point de vue budgétaire, il n’y a pas de dotation à l’amortissement, il n’y a pas à gérer l’entretien et les réparations.

A force d’être obnubilé par ce que nous n’avons pas, nous devenons aveugle à ce que nous sommes, à ce que nous avons déjà.

Ne pourrions-nous pas faire un inventaire de notre patrimoine, entretenir ce que nous avons et le valoriser ? La carte du patrimoine est un atout que bien des communes ont su jouer avec réussite.

Pour répondre au mécontentement du Maire de Gèdre à la construction de la patinoire synthétique, un élu de Luz s’est récemment permis de répondre : « Vous ne nous avez pas demandé si ça nous gênait il y a 30 ans, qu’une piscine se construise chez vous alors que nous en avions déjà une ». Si c’est cette mentalité-là qui doit définir nos perspectives d’action et ce que nous sommes, je m’en désolidarise totalement.

J.LURIE

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Première semaine des vacances de Février de la zone C dite « des bordelais » à Luz Saint Sauveur et à la station de Luz Ardiden…

La première semaine des vacances est terminée et voici quelques constations que les touristes auront pu faire d’eux-mêmes :

Un domaine avec une ouverture plus que correcte et très bien entretenu, une neige excellente, on ne peut que féliciter le travail des équipes d’entretien des pistes. Cependant on ne peut que déplorer qu’il n’y ait pas plus de monde….

Quelques petits bémols viennent toutefois noircir le tableau……

–          dimanche 13 et mercredi 16 février : pas d’eau à Aulian, WC fermés, pas de boissons chaudes au bar, une navettes pour aller aux toilettes à bèderet !!!! QUEL ACCUEIL !!!

–          Les vacanciers bordelais pourraient s’estimer léser eu égard à la campagne publicitaire de la station : où sont les bouées et où se trouve la piste de snowtubing ? Peut-être les installera-t-on au mois de Mars ? 

–          Quant à la file d’attente au self de Bèderet : 30 min pour manger une repas froid. Quelle nostalgie du restaurant de Bèderet d’antan où la convivialité et le charme d’un restaurant d’altitude typique d’une station de ski régnaient.

 –          Aucune animation notable pour cette semaine à Luz Saint Sauveur, aucun concert, programmation cinématographique inadaptée au enfants.

Voilà quelques exemples de ce qui se passent dans notre vallée, pourtant les élus du SIVOM pensent qu’une remontée lourde pourrait augmenter la fréquentation. Contentons-nous d’améliorer l’existant pour que notre clientèle se fidélise et ait envie de revenir avant de se lancer dans ce grand projet !!!! 

Stéphanie MARCHAND

Tout le monde SEM à la station de Luz Ardiden

Il m’a été donné d’entendre de la part d’un élu du SIVOM que la station de Luz Ardiden devait être gérée comme une entreprise privée et que nous sommes dans un secteur hautement concurrentiel. C’est un positionnement qui peut s’entendre. En effet, pourquoi cet établissement devrait être systématiquement déficitaire et attendre de se faire plumer par les voisins aux dents longues ?

A cet argument, je répondrais qu’il va être difficile de demander des subventions par le biais des pôles touristiques pour contribuer à une logique purement commerciale et concurrentielle en souhaitant à terme que nos voisins se cassent la gueule (Gavarnie pour ne pas les citer).

La démarche privée ne me dérange en rien, bien au contraire, car rien n’y est plus honnis que le déficit. Mais, la philanthropie n’y est en rien innée ou génétiquement inscrite.

Rappelons-nous que nous partons d’une initiative publique de nos aînés sensée participer à la création d’emploi et au développement touristique en hiver. 

Aujourd’hui, les communes du SIVOM envisagent sérieusement d’augmenter leur endettement avec des sommes jusque là inédites dans notre canton. 

L’argumentaire des promoteurs d’investissements lourds sont les mêmes que Margareth THATCHER de la grande époque, c’est la dictature de TINA (There Is No Alternative). C’est ça ou on est mort ! Il manquerait plus que le cadavre bouge encore pour qu’on lui donne un coup de pelle sur l’occiput. Ou alors c’est la Sainte Croisade à la George BUSH, « vous êtes avec nous ou vous êtes contre nous ! ».

J’aurai voulu encore croire que les propos péremptoires et impérieux de nos élus soient uniquement le fruit de leur extrême conviction personnelle.

Toutefois, je reste persuadé que la gestion des stations comme elle est envisagée actuellement est une forme de privatisation qui ne veut pas dire son nom. Le changement de statut juridique de la régie en SEM en est une des étapes, son Altesse N’PY en étant le catalyseur.

Peut-on émettre le scénario suivant : la fréquentation touristique reste en berne, le chiffre d’affaire de la station espéré n’est pas atteint, le couteau sous la gorge quels arguments aurons-nous pour refuser la cession de notre outil à un opérateur privé et à quelles conditions ? Qui continuera à supporter les dettes consenties ?… nos enfants et nos petits-enfants ! 

Commençons par bien définir notre identité, ce que nous savons et pouvons faire. Surtout ne pas péter plus haut que son cul, ça risquerait de sentir mauvais.

J. LURIE

Lettre ouverte aux élus….

Plus de 200 élus (tous les conseillers municipaux et maires de notre canton, conseillers généraux du département, présidente du conseil général, députés, sénateurs, président du conseil régional) ont reçu cette lettre ouverte. Bien sûr, le Préfet et le sous préfet en ont eu une copie ainsi que les médias (presse écrite, radio et TV).

Lettre ouverte à l’attention des élus…

de Madame et Monsieur les Sénateurs des Hautes Pyrénées, de Madame et Messieurs les Députés des Hautes Pyrénées, de Monsieur Le Président du Conseil Régional, de Mesdames et Messieurs les Conseillers Régionaux de Midi-Pyrénées, de Madame la Présidente du Conseil Général, de Mesdames et Messieurs les Conseillers Généraux des Hautes Pyrénées, de Mesdames et Messieurs les Maires et Conseillers Municipaux des communes du canton de Luz Saint Sauveur :

   L’Association ECHOCITOYEN, qui a pour objet l’information du citoyen, la réflexion et le débat sur tous les projets concernant le développement du canton de Luz Saint Sauveur, souhaite alerter tous les élus et les citoyens électeurs de l’imminence d’un projet de remontée lourde pour la station de Luz Ardiden qui porte à notre avis tous les ingrédients d’un échec économique, stratégique et touristique annoncé. 

Pour ceux d’entre vous qui découvrent ce projet, il est question de construire à trois kilomètre en aval du village de Luz Saint-Sauveur une télécabine avec sa gare de départ et ses parkings de stationnement pour relier le stade de neige de l’Ardiden au fond de vallée. 

M. le Président du SIVOM de la Station de Luz Ardiden a annoncé le 15/12/2010 en conseil municipal de Saligos que le projet avait reçu un avis de recevabilité auprès de l’administration préfectorale.

 « Combien ça coûte ? » :

Les données prévisionnelles à notre disposition ne sont pas homogènes. La somme de 15 millions d’euros était avancée en septembre 2009 (Conseil municipal de la Mairie de Luz Saint Sauveur et magazine municipal Luz Info), le rapport du 26 juin 2010 du cabinet d’étude DIANEIGE commandé par le SIVOM de l’Ardiden parle d’une fourchette de coûts entre 19,5 millions et  21 millions d’euros. Soit, une augmentation de la facture de 30% à 40% avant même le début des travaux.

En outre, les éléments suivants ne sont ni chiffrés ni inclus : modification de lignes électriques, maîtrise du foncier (environ 4,5ha), réseaux divers, protection contre les crues, protection contre les nuisances sonores des riverains, coût d’une ou plusieurs navettes.

Avons-nous choisi le bon modèle ?

Tout le montage de ce projet repose sur un modèle alpin, celui de Samoens en Haute Savoie. Nos élus sont allés examiner l’impact économique d’une télécabine excentrée. Avec leur nouvelle installation, Samoens enregistre une augmentation du chiffre d’affaires de 18 %.

Si nous appliquons la réussite savoyarde sur notre station, une augmentation de 18% sur la base d’un chiffre d’affaires optimiste de 3,8M€ (la moyenne sur 10 ans est de 3,3M€), on aboutit à une augmentation de 684000€. Or, pour M. le Président du SIVOM, toujours sur Luz Info, la viabilité financière du projet à 15 M€ nécessitait déjà une augmentation de 2,7 M€ du chiffre d’affaires  (amortissements inclus), c’est à dire + 70%. Est-ce sérieux ?

Qui va payer ?

On nous présente l’affaire en disant que ce sont les pôles touristiques qui prendront en charge une grande partie des investissements, comme si cet argent venait de nulle part…

Jusqu’où les citoyens/électeurs/contribuables peuvent-ils supporter de voir la part des différents échelons des collectivités grandir sur leurs taxes d’habitation et leurs taxes foncières ?

En 2009, les communes du SIVOM ont mobilisé 1,8 M€ pour équilibrer le budget de fonctionnement de la station, soit l’équivalent d’environ 900€ par habitant.

Devons-nous attendre que le projet soit inéluctablement lancé pour avoir enfin un aperçu des répercussions sur nos finances ? Combien les communes devront-elles encore verser par an au SIVOM ? Pourront-t-elles alors assumer d’autres investissements structurels ? Pouvons-nous nous permettre d’avoir un hiver sans neige?

Quelles seront les conséquences pour la vallée ?

Dans le rapport DIANEIGE, les administrations sollicitées s’inquiètent des répercussions sur le trafic routier de l’implantation à Larise. Et pour cause, l’implantation géographique sur l’unique voie d’accès au canton va créer, en pic de fréquentation, un goulot d’étranglement qui défavorisera les deux autres pôles touristiques que sont ceux de Gèdre/Gavarnie et de Barèges.

Est-il raisonnable de concevoir des investissements publics en terme de concurrence peu courtoise au sein d’un même canton, d’une même entité historique et patrimoniale que représente le Pays Toy ?

Le Département des Hautes Pyrénées et la Région Midi Pyrénées signataires des pôles touristiques ont-ils conscience que le financement d’un pôle risque d’asphyxier et de rendre inopérant le financement de deux autres pôles ?

Qui serait gagnant d’une remontée lourde à Larise?

Par ailleurs, nous estimons que cette implantation géographique déportée du centre de Luz Saint Sauveur est un danger pour le maintien de l’activité touristique de la vallée. En effet, la stratégie commerciale du bureau d’étude DIANEIGE est sans détour, il s’agit de capter en priorité le bassin d’Argelès-Gazost et de Lourdes.

Voici un chance unique pour les hébergeurs de ce bassin de profiter à plein d’une plus-value sans participation à l’effort financier qui va nous être demandé.

Pour peu qu’un projet ambitieux de location de matériel et de commerces voit le jour à Soulom ou Villelongue, par exemple, quel intérêt y aura-t-il à monter jusqu’à Luz Saint Sauveur ?

Que souhaitons-nous ?

ECHOCITOYEN reste ouvert au fait qu’une remontée lourde puisse être un facteur de développement touristique. Mais la preuve n’est pas encore faite que cela soit financièrement viable eu égard aux capacités des collectivités, à la conjoncture économique et au devenir climatique. Mais si cela doit se faire un jour, elle devra se réaliser au départ proche du centre historique de Luz Saint Sauveur.

Nous ne sous-estimons en rien l’importance des subventions allouées, elle ne seront jamais à fond perdu si elles viennent renforcer l’offre touristique déjà existante, elles sont à risque lorsqu’elles sont misées sur des projections irréalistes.

Nous espérons qu’en tant qu’élus de la République, vous allez prendre vos responsabilités face à cette mise en danger des finances publiques de notre vallée. Nous espérons que vous n’apporterez votre soutien à ce projet que si vous êtes personnellement et intimement persuadé de son bien fondé stratégique et économique. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, une station fortement subventionnée et déjà couverte de dettes, avec un chiffre d’affaires annuel qui n’a dépassé qu’une seule fois les 4 M€ ces dix dernières années, veut convaincre tout le monde que tous ses problèmes disparaîtront si on dépense 20 ou 25 millions de plus !

Nous restons à votre pleine et entière disposition pour vous expliquer plus en détail notre point de vue et les alternatives de développement que nous soutenons. Souhaitant que ce courrier par ses interrogations ait contribué à votre réflexion sur ce sujet, sachez, Mesdames et Messieurs, pourvoir compter sur notre vigilance.

Cordialement.

Association ECHOCITOYEN

30 avenue Impératrice Eugénie

65120 Luz Saint Sauveur

www.echocitoyen-luz.org

Copies faites à : Monsieur le préfet des Hautes Pyrénées, Monsieur le Sous-préfet, La Dépêche du MIDI, La semaine des Pyrénées, La Nouvelle République, Le Petit Journal des Hautes Pyrénées, Pyrénées Magazine, médias radio et télévision.